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Publié le 30-08-2013

jsDenisTempete1Interview réalisé par François Escalmel

François Escalmel: Je ne me rappelle plus où j’ai vu ton travail pour la première fois. Je sais que tu as fait une grosse expo à la maison de la culture Frontenac, mais avant ça?

Jean-Sébastien Denis: Avant ça, j’avais exposé à la maison de la culture Mont-Royal.

FE: As-tu des oeuvres à la Place Ville-Marie?

JSD: J’ai effectivement des tableaux à la Place Ville-Marie que Robert Poulin avait mis avec “La peau de l’ours”. Je ne sais pas si tu connais?

FE: Oui, oui! Est-ce que c’était moins géométrique?

JSD: À l’époque, c’était effectivement moins géométrique.jsDenisPetiteMachination13-

FE: À ce moment là, je dois te créditer de m’avoir réconcilié avec l’abstraction. Je suis arrivé devant un de tes tableaux et j’ai aimé ça! (Rire) Je suis même retourné le voir!

JSD: Ça devait dater de 2004-2005. Tu vois ça fait depuis 2002… avant je ne faisais pas d’abstraction.

FE: Alors qu’est-ce qui t’a fait choisir l’abstraction?

JSD: Avant ce n’était pas de l’abstraction, mais c’en était. Je travaillais avec le corps, mais sans visage. C’était plutôt un prétexte pour faire des formes, de l’organique. Je tissais autour. Et à un moment donné, j’ai arrêté de faire de la peinture. J’étais à l’Université et j’avais suivi tous mes cours de peinture. Tu sais il n’y en a pas beaucoup à l’Uqam! (Rire) J’ai bretté là pendant cinq ou six ans, j’ètais à temps plein, à temps partiel… Durant ce temps, j’ai commencé à faire de la photo, un peu de vidéo. Et après l’Uqam,  j’ai recommencé à faire du dessin, de la peinture. J’étais un peu perdu, je travaillais toujours avec le corps. Puis, ça devenait de plus en plus abstrait. En fait, je m’enlignais vers la forêt. C’est la forêt  qui m’a permis de …

FE: La forêt? C’est-à-dire?

JSD: Je m’influençais de photos de forêts comme sujet et ça s’est étalé. Tu sais le corps c’est toujours central. Avec la forêt, ça me permettait de m’étaler et puis le sujet a vraiment disparu tranquillement. Ça a disparu mais tout en gardant un élément figuratif de profondeur. Dans mes tableaux, il n’y a pas une négation de la profondeur. Il y a comme un côté réel en même temps.

FE: Il y a beaucoup de jeux d’illusions.jsDenisAscencion

JSD: Oui, l’illusion est là. Ce n’est pas de l’abstraction pure. C’est juste qu’il n’y a pas de figure humaine. Il n’y a pas de figure reconnaissable, mais on peut sentir beaucoup de choses. J’ai un gros background de travail avec le corps. C’est toujours resté et c’est bien présent encore.

FE: Tu fais de l’abstraction, est-ce que tu sais exactement où tu mets les pieds? As-tu un overview de tout ce qui s’est fait avant et de ce qui se fait maintenant en abstraction?

JSD: Oui. Le passé est très important dans l’abstraction. On retrouve aujourd’hui beaucoup de choses qui se sont faites dans les années 50, 60 et même 30. Il y a toujours des retours. Il faut être conscient de ça. Si tu fais le retour par effet de mode ou en pensant que tu es le premier, (Rire)  on va te dire non, il y en a d’autres qui l’ont fait avant toi! (Rire) C’est pas facile, mais c’est la même affaire si tu es plus figuratif.

FE: Tu penses pas que c’est plus fort en abstraction, ce jeu de pas trop répéter…

JSD:  Tout se répète pas mal, moi je trouve!

FE: Oui, anyway!

JSD: Pis, ça va être quoi dans cinquante ans, dans deux cent ans…? J’aime mieux pas y penser! (Rire) Mais le climat, la société n’est pas la même. Les enjeux ont changé. Il n’y a personne qui a comme dans les années 20 ou 50 ce côté absolu, totalitaire. C’est le reflet de la société. Il n’y a plus d’idéologies dominantes à part le capitalisme. Mais le capitalisme ça absorbe tout, ce n’est pas une idéologie comme telle! C’est une espèce de brouhaha qui absorbe même la contestation. Ce que je fais c’est un peu à l’image de ça, ce brouhaha de contradictions.

FE: On a parlé d’illusions tout à l’heure, est-ce que ça a une signification particulière pour toi?

JSD: Ce qui me fascine dans le 2-d c’est l’illusion qui est créée. Même s’il y a très peu d’illusion de 3-d dans une peinture, il y a toujours une certaine profondeur. On part dans le tableau. Moi j’essaie de jouer avec ça. C’est ce qui me fascine le plus, le côté irréel. J’aime beaucoup la sculpture, mais je n’en ferais pas parce qu’il n’y a pas cette fascination. C’est trop concret pour moi. Il y a comme quelque chose de magique dans l’effet de profondeur.

Je pense que c’est un peu illusoire de croire à l’absence complète d’effet de profondeur… comme dans les années 50 avec les expressionnistes abstraits qui se sont vraiment acharnés sur la planéité du tableau… c’est une illusion, ça n’existe pas! Du moment que c’est un tableau, tu pars dedans. En étant conscient que de toutes façons il y a une illusion, autant jouer avec!

FE: Alors pour le 1% à St-Jérôme, est-ce que c’était la première fois que tu utilisais des éléments 3-d?

JSD: Non, non, non! Il n’y a pas d’éléments 3-d. Tu t’es fait avoir par les photos!

FE: Ah, non! (Rire)

JSD: Les photos sont vraiment traîtres… ce sont des anamorphoses!

FE:  Donc, il n’y a aucun 3-d?jsDenisMachination11-01

JSD:  Non! C’était ça le jeu. Je suis content que ça fonctionne! D’habitude pour les 1%, tu n’as pas de photos, tu travailles à partir de plans. Mais ce lieu-là était construit depuis deux ans. Ils m’ont donc fourni des photos et je suis aussi allé en prendre moi-même et j’ai construit mon oeuvre avec photoshop,  avec l’effet de profondeur. J’ai pu planter des trucs vraiment droits en ne tenant pas compte de l’exécution et ensuite il a fallu que je retorde, que je déforme pour créer les anamorphoses. Et puis l’oeuvre peut être vue sur trois paliers, ce qui est  plutôt rare, et en coin en plus… C’était un peu compliqué mais simple en même temps. J’ai eu peur que ça ne fonctionne pas. Ça marchait sur la maquette et à l’ordinateur mais en réalité…. Et puis l’oeuvre je ne la voyais jamais au complet, il y avait des trucs pour la protéger et des échafaudages. Quand on a tout enlevé là j’ai vraiment eu peur! Ça fonctionne, mais ça fonctionne surtout avec l’appareil photo. C’est ça qui est drôle!

FE: Est-ce que tu vis de ta peinture et si oui depuis combien de temps?

JSD: Euh, pour le moment oui parce que j’ai eu un 1% . Mais sinon j’aurais sûrement présentement une petite jobine! (Rire) Pendant longtemps, Julie (Julie Ouellet, la compagne de Jean-Sébastien) et moi nous avons fait des murales pour des supermarchés, IGA, Metro… nous avions comme un contrat direct avec une compagnie de  design et ça comptait pour 70-80% de nos revenus. Tranquillement je me suis mis à vendre un peu plus à la galerie, mais jamais assez pour juste vivre de ça. Les coûts des matériaux sont élevés pour ce que je fais. Les contrats de murales ont arrêté complètement il y a trois ans. J’ai eu une bourse, ça m’a aidé à continuer et ensuite j’ai eu le 1%.  Donc ça fait trois ans que je fais juste ça mais je sais pas pour combien de temps!

FE: Explique-moi donc ce qui coûte si cher dans les matériaux?

JSD: Il y a beaucoup de pertes et moi je suis très techniques mixtes! (Rire)  J’utilise  de l’huile, de l’acrylique, du papier. J’ai de la perte dans le sens qu’il y a beaucoup de trucs qui n’aboutissent pas. Je suis souvent dans l’exploration. Il y a des trucs que j’arrête et je peux revenir dessus deux ans plus tard! À peu près la moitié de ce que j’entreprends aboutit! Et puis tu vends et la galerie prend 50% , il ne reste pas grand chose! Faut en vendre de la peinture pour bien gagner sa vie! À date je suis chanceux, je touche du bois là … toc, toc! (Jean-Sébastien touche son bureau)

FE: C’est pas du bois! (Rire)

JSD: Shit, je suis fini! (Rire)

FE: Ça fait combien de temps que tu es avec Simon Blais?

JSD: Depuis 2002-3.jsDenis7

FE: Donc lui te génère pas assez de ventes?

JSD: Il y a des années un peu plus… mais là ça a un peu baissé. Mes prix ont monté et je ne suis plus un jeune. Même moi je trouve que je suis trop cher! (Rire) Le bassin d’acheteurs est vraiment petit ici. Les gens achètent des jeunes parce que c’est moins cher et ils aiment ça, il y a un petit engouement mais quand tu tombes dans où je suis en train de tomber, les ventes sont plus rares… et c’est presque comme ça pour tous les artistes qui ont dix, quinze ou vingt ans de métier… à moins que tu sois un gros nom, pris par le musée et que tes prix montent, montent… mais moi ce n’est pas mon cas. À un moment donné, je pense que tu fais un peu le tour des collectionneurs et ça devient plus difficile d’en trouver. Je pense surtout que tu fais le tour vite à Montréal!

FE: Tes prix, c’est à peu près combien? Les tableaux que tu as exposés à la maison de la culture Frontenac, c’était combien? $10 000.00?

JSD: À l’époque, ils étaient $10 000.00, ils sont rendus $14 000.00. Mais tu sais c’est Simon Blais qui me les a achetés, sinon je ne les aurais pas faits! Je voulais les faire, j’ai demandé des bourses, je n’en ai pas eues. Simon Blais a décidé de m’en acheter deux et là c’était ok,  j’ai décidé de les faire. Les grands formats, c’est ce que je préfère mais je suis limité par l’argent.

FE: Ceci m’amène à une question évidente: pourquoi alors ne pas vendre ailleurs? As-tu essayé de trouver une galerie ailleurs qu’au Québec?

JSD: J’ai une expo qui s’en vient au début de l’année prochaine à Toronto. Je vais voir ça, c’est une nouvelle galerie.

FE: Mais dans d’autres pays?

JSD: Premièrement c’est pas évident à l’extérieur et puis exporter des peintures c’est très coûteux. Même aller aux États-Unis c’est cher. J’ai pas de contacts et puis je ne réussissais pas à avoir de l’inventaire avant. Je produis pas si vite et Simon Blais avait tout. Comme je vends moins, je commence à avoir un peu plus d’inventaire, donc c’est plus possible de présenter des trucs ailleurs. À Toronto, je souhaite que ça fonctionne mais c’est une nouvelle galerie, je peux pas savoir. Ça fait à peu près un an qu’elle existe.

FE: C’est quoi le nom?

JSD: Walnut!

FE: Walnut? (Rire)jsDenisTempete2

JSD: Oui, (Rire) Je pense que ça veut dire “noix”? L’espace est très beau et c’est eux qui m’ont contacté! C’était facile! (Rire) Sinon, allez demander: est-ce que vous voulez me prendre? Oh mon Dieu! J’étais pour le faire mais j’ai eu cette offre-là et j’ai dit: Yes! J’ai pas à le faire! Je souhaite que ça se passe bien. Après Toronto, je vais essayer de trouver ailleurs aussi!

FE: Revenons un peu sur comment tu élabores tes oeuvres. Est-ce que c’est planifié un peu, pas du tout quand tu commences un tableau?

JSD: Au fil des ans, j’ai changé de méthode. Au début, je commençais le tableau et je le prenais en photo. C’était l’époque où on faisait développer! J’allais chez Jean Coutu (Rire) et ensuite je faisais de la peinture sur la photo. Après, j’ai abandonné ça, je trouvais que c’était un peu laborieux. Et puis j’ai eu l’idée de refaire un peu la même chose mais avec Photoshop. Ça me permettait beaucoup. J’ai toujours travaillé en collage, rajouter, cacher… Le collage photoshop ou le collage réel ça se ressemble. Et puis je me suis un peu tanné de reproduire mes propres collages. Là je suis dans des grands dessins-peintures et je colle plutôt des gros morceaux de papier directement sur le tableau et si j’aime ça je le refais! C’est la même idée mais en réel.

Là je veux travailler sur des peintures grises, de presque noir à gris pâle. J’ai le goût d’essayer autre chose, explorer plus la couleur, un rapport plus ambigu entre le fond et la forme. J’ai toutes sortes d’idées comme pour dix séries mais je n’ai pas assez de temps! (Rire)

Et là j’ai un concours de 1% à faire. Je fais les plans, faut que je fasse ma maquette… et c’est trois fois plus gros que l’autre, c’est vraiment gros et c’est comme l’inverse de l’autre!

FE: C’est convexe?

JSD: Je suis comme l’artiste des coins, ils vont m’appeler juste pour des coins de murs.

FE: Guillaume, c’était les bibliothèques! (Rire) (voir Decover #20)

JSD: Moi c’est les coins! (Rire) En fait c’est deux coins inversés, c’est bizarre, c’est une oeuvre que tu ne peux pas voir dans son entièreté. Sur quarante pieds de haut! C’est gros! C’est sûr que je vais être content monétairement et pour le défi. Mais c’est sûr que ça va complètement ralentir ma production personnelle pendant six, sept mois mais ça va me permettre de continuer après coup.

FE: Tu vas le savoir quand?

JSD: Fin septembre. Ce qui est le fun avec les 1%  c’est que tu présentes, tu es payé pour la maquette et tu le sais la journée même si tu l’as. C’est fantastique! Tu fais ton deuil ou tu es heureux mais c’est vite réglé! (Rire)

FE: Hum, couleurs! J’ai remarqué qu’il n’y a pas beaucoup de couleurs dans tes oeuvres? Pourquoi?jsDenisPetiteMachination2

JSD: Là il va y en avoir plus! (Rire)

FE: Ça s’en vient! (Rire)

JSD: Je suis très dessin. J’aime beaucoup la couleur. Peut-être que ça paraît pas! Mais je suis très difficile. Je pense que si je maîtrisais plus la couleur, il y en aurait davantage. Je trouve qu’il y en a qui font de la couleur mais qui ne devraient pas en faire! Pour ceux qui en font, la barre est haute. Si à un moment donné il y en a beaucoup, c’est parce que ça va me plaire. Beaucoup de couleurs, ça va venir un jour!

FE: La prochaine question est plus difficile, plus songée. (Rire)

JSD: Oups!

FE: Oui, mais il y en a juste une! (Rire) Alors la place de l’humain dans ce que tu fais, est-ce une absence ou une présence? (Rire)

JSD: (Rire) La place de l’humain, ce n’est que ça! C’est un humain qui l’a fait. Quand je travaillais le corps, le corps était extérieur, je le représentais. Finalement je travaillais autour du corps et ça m’embêtait. Ce qui m’a libéré c’est quand l’oeuvre est devenue le corps! Pour moi une oeuvre c’est un être, mi-organique mi-mécanique, c’est une chose  qui est vivante et qui vient de moi.

FE: Et le fait que ce soit un espace…

JSD: C’est sûrement mon besoin de me projeter dans un autre monde. Créer un monde où on peut vraiment entrer à l’intérieur.

FE: L’irréel.

JSD: Oui, l’étrange, qui est commun mais qui ne l’est pas en même temps. La peinture fonctionne quand une part de l’oeuvre devient étrangère. Si c’est trop commun, si on la connaît déjà, ça ne vaut pas la peine. L’étrangeté la rend autonome. C’est une illusion. Il y a quelque chose qu’on ne comprend pas et là tu te dis ça fonctionne! Peut-être pas complètement! C’est rare que c’est totalement parfait. Mes oeuvres je les aime en groupe. Elles ont besoin de vivre en groupe parce qu’il y a toujours un manque dans une oeuvre. Mais je ne peux pas le combler sinon tout serait dans la même oeuvre, ce serait étouffant!

FE: Et tu en ferais juste une! (Rire)

JSD: Oui. Je sais que je parle de création dans ma création. C’est un lieu commun, mais il y en a qui en parlent moins. Il y en a qui parlent plus d’un sujet, moi je n’ai pas de sujet comme tel, mon sujet c’est un peu la création en soi, la fabrication du tableau devient un peu le sujet du tableau. J’essaye un truc, ça marche pas, je bifurque…. c’est la création, c’est à l’image de ça! Mes oeuvres c’est des possibles.

FE: Des artistes que tu adores et que tu suis à l’international?

JSD: Il y en a tellement! J’ai même fait une liste! (Rire) Bernard Frize, un belge! J’aime sa démarche, sa façon d’explorer l’abstraction. Il y a quelque chose un peu de François Lacasse, l’idée de pousser à fond un médium au niveau technique! Julie Mehretu, j’aime ce qu’elle fait! Qui d’autres? Daniel Richter, dans le figuratif! Terry Winters, plus son travail des années 80! Sigmar Polke… j’ai toujours beaucoup aimé les Allemands. Il y a toujours eu une affinité. En fait, j’ai des goûts assez éclectiques. Des fois je n’aime pas tout ce que fait un artiste ou j’aime juste un petit bout dans un tableau, mais je peux absorber à peu près tout, je me le permets. J’aime ça explorer…. Ça me donne des idées pour agencer des choses. Je suis un peu comme un échantillonneur!

FE: Tu es comme le Beastie Boy de l’abstraction! (Rire)

JSD: Je peux essayer à peu près tout!

FE: Et tu n’as pas de scrupules?

JSD: Non, il faut pas! De toutes façons, regarde c’est comme ça aujourd’hui. Mais par contre il faut que ça fonctionne. Il faut trouver quelque chose à dire par rapport à ça. Être à l’image de notre époque qui est très chaotique et un peu décadente et multi-dimensionnelle. C’est un monde très compliqué et c’est sa complexité qui m’intéresse, la dynamique que ça crée, ce brouhaha. J’ai un mélange d’attirance et de répulsion pour notre époque et je pense que c’est le cas pour beaucoup de monde. J’essaie que mes images en soient le reflet!

 

 


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