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Publié le 30-07-2013

Par Micah Lockhart

Couverture DÉCOVER #20Le choix pour la page couverture de DÉCOVER #20 était unanime. On était hypnotisé par la profondeur, littéralement, de l’oeuvre par Philippe Chabot avec ses illusions optiques et formes géométriques futuristes. Chabot l’a réalisé en une semaine dans le Donjon DÉCOVER en février 2013. Un projet grandiose où plus d’une douzaine de pièces dans le sous-sol de la Galerie D, 1200 rue Amherst, ont été prises d’assaut par une quarantaine d’artistes (voir l’article sur le Donjon par John Pohl). Je me suis entretenu avec l’artiste qui a fait notre couverture pour en savoir plus sur l’oeuvre en question et l’évolution de son art.

Micah Lockhart : Je baisse mon chapeau bien bas pour l’oeuvre que tu as faite dans ta pièce au Donjon DÉCOVER. Tu en as surpris plusieurs avec l’originalité et la complexité de ton travail. Comment es-tu arrivé avec l’idée de faire une peinture 3d/sculpture/installation?

Philippe Chabot : Je crois que c’est un peu par nécessité. Ça fait un bout que je joue avec les notions de perspective et d’espace dans mes tableaux, le jeu 3D est plus présent. J’avais donc besoin de creuser dans cette direction. J’avais des idées, mais rien de vraiment précis.

ML : Est-ce que tu as eu l’idée pour ton oeuvre avant de voir ta pièce de 6 x 12 pieds ou c’est en y mettant les pieds que tu as trouvé l’inspiration?

PC : Définitivement en y mettant les pieds. À la première visite avec Cédric, j’ai vraiment tripé, je ne savais pas du tout à quoi ça allait ressembler. J’ai toujours été fasciné par les chantiers et le sous-sol était vraiment à moitié construit, ça a allumé quelque chose, c’était rempli de possibilités. J’ai quand même tourné en rond pendant deux bonnes journées complètes en peignant sur les murs sans trop savoir où je m’en allais. Au bout d’un moment, j’ai compris que je ne pouvais pas investir le lieu de la même façon qu’un tableau. Le travail s’est donc développé autour de l’idée de faire entrer littéralement les gens dans un univers visuel qui normalement s’exprime en 2D et de jouer avec leur perception.

ML : Les artistes avaient seulement une semaine pour réaliser leur pièce, est-ce qu’il y a eu un moment où tu t’es dit, oublie ça j’y arriverai jamais?

PC : Je savais déjà que je me lançais dans un défi de fou avant même de commencer alors j’ai pas trop eu de surprises. Quand j’ai décidé de changer radicalement de direction, ça a été très intense. En même temps, ça n’a pas été un moment de désespoir, les tâches sont devenues plus claires. Je savais où je m’en allais. J’ai eu énormément de chance pour les matériaux, j’ai pu réutiliser un bon nombre de portes, de meubles et de planches de bois qui se trouvaient déjà là pour réaliser le projet. Philippe Chabot

ML : Est-ce que t’aimerais faire plus d’installations dans le futur?

PC : Oui c’est certain. J’en ai réalisé une autre depuis l’expo, c’est encore du très grand format, mais un peu moins immersif que le projet sur Amherst. J’aime surtout l’idée de ne pas être limité à l’imagerie 2D ou à un médium en particulier.

ML : On a présenté certaines de tes peintures dans DÉCOVER #10 en été 2011. J’aimerais que tu me parles de l’évolution de tes oeuvres depuis ce temps parce qu’on reconnaît ton style, mais le résultat est très différent. Par exemple, il y a une présence beaucoup plus forte de forme 3d et d’un effet architectural. Et l’aspect humoristique est beaucoup plus subtil qu’avant. Quelles idées sont derrière ces changements?
PC : Les personnages sont apparus parce que je m’intéressais à la d

Philippe Chabot Machine à vide

écadence, au désenchantement, je les voyais comme des démons de nos valeurs culturelles. La plupart de mes références provenaient des magazines à potins. Je m’intéressais au culte de la célébrité et à notre rapport changeant à la culture, à l’image, mais en produisant cette série, je me suis surtout attardé au caractère évolutif et plastique de la peinture, à la lutte entre l’intuitif et le rationnel. Les tableaux se sont alors transformés progressivement. Je me suis mis à considérer le tableau en tant que chantier où la structure et le chaos coexistent. Le portrait était à l’époque une excuse pour investir le tableau, un point de départ. Il est devenu secondaire, voire superficiel. Les concepts de chaos et de structure m’ont amené à certaines théories scientifiques, notamment dans le domaine de la physique. Je n’y connais pas grand-chose, mais tout ce que j’arrive à comprendre le moindrement dans des ouvrages de vulgarisation me fascine.

L’expérience esthétique et du rapport à la nature en peinture, c’est pas nouveau. Cependant, je trouve ça intéressant de poursuivre ces idées surtout à une époque où la théorie scientifique et la peinture sont aussi éloignées en terme de technique et d’utilité. L’un apparaît comme primitif et accessoire, et l’autre comme progressif et essentiel.

ML : Quel rôle jouent les personnages dans tes toiles?

PC : Dans les toiles les plus récentes, j’utilise les personnages plus comme des jeux de perception. On sait que le cerveau humain est prédisposé à reconnaître des visages, j’essaie, d’une certaine façon, d’aller à la limite de cette prédisposition. Souvent les personnages sont en train de faire un geste ou une action particulière assez simple. J’imagine que chaque toile a une certaine narration dans ce sens, mais je ne tiens pas vraiment à développer une histoire précise.

ML : Sur ton site, pchabot.com, on peut voir des images accélérées de l’évolution d’une toile que tu peins. On voit que tu changes complètement d’idée ou de direction à plusieurs reprises sur une même toile. Est-ce que tu travailles toujours de cette manière?

PC : Oui. Ça laisse place à une plus grande liberté à mon avis, dans le sens où l’on n’est pas limité à ce que l’on a déjà mis en place sur la toile. Il y a toujours possibilité d’ajuster et même de faire table rase. La réalisation d’une peinture est donc quelque chose qui évolue, qui change et qui répond à une certaine mécanique, un processus. Bref, la peinture existe dans un espace-temps plus large que sa forme finale et c’est dans cette zone où je pense que les choses les plus intéressantes se produisent. L’idée populaire de l’illumination du peintre quand il réalise que la toile est terminée, je ne la vis pas tant que ça.

ML : Nomme-moi un de tes artistes préférés qui devrait être plus connu.

PC : Ça fait des années que je suis le travail de David Ellis et à chaque fois que je vois ce qu’il fait ça m’impressionne autant. Sinon plus près de chez nous, Alex Fischer fait un travail extraordinaire et qui selon moi mérite d’être découvert.

ML : Penses-tu que les arts visuels devraient occuper une plus grande place dans la conscience générale au Québec?

PC : C’est difficile de donner un avis sur la situation générale des arts visuels au Québec. Je suis loin d’être spécialiste, mais une chose est certaine c’est que le modèle du milieu des arts visuels a énormément changé. L’Art n’est manifestement plus aussi centralisé et monolithique qu’auparavant. On a assisté à une multiplication des plateformes de diffusion, ce qui favorise la diversité, mais ça demande un investissement différent et de la part du public.

ML : Tu fais présentement ta maîtrise en arts visuels à l’UQAM, peux-tu me résumer l’effet, positif ou négatif, que cette formation a sur ton art?

PC : C’est clairement bénéfique. Je ne vois pas comment prendre le temps de réfléchir à son travail pourrait être négatif. Une maîtrise en art, tu en fais ce que tu en veux, moi ça me permet d’aller plus loin dans mes questionnements, d’en découvrir d’autres. Ça nourrit en quelque sorte ta recherche et ça te permet surtout d’articuler ta pensée. De plus, ça te permet de côtoyer d’autres artistes sur une base régulière, c’est plus difficile quand tu es seul dans ton atelier.

On peut accuser facilement certaines institutions d’hyper-intellectualisation de l’art. Les exemples sont sûrement trop nombreux. La différence est que maintenant les artistes sont en mesure de prendre eux-mêmes la parole. Ça permet un rapport plus honnête avec le public et ça responsabilise l’artiste. Je le vois comme un défi de vulgarisation pour le public, mais aussi pour moi-même.


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